La maîtrise du temps

On a souvent l’impression que le temps nous échappe. On court, on répond, on gère… et pourtant, en fin de journée, quelque chose sonne creux : beaucoup d’agitation, peu de direction. Et si le vrai sujet n’était pas “comment faire plus”, mais comment conduire sa journée (au lieu de la subir) ?

Maîtriser son temps, ce n’est pas devenir une machine. C’est devenir intentionnel. C’est décider ce qui compte, puis donner au quotidien une forme qui soutient cette décision. On l’a déjà vu à plusieurs reprises ces derniers temps avec la gestion des priorités, ou encore le fait d’être engagé dans ce qu’on fait même pour des raisons « personnelles ».

Aujourd’hui, je vous parle d’un autre point de vue, qui est celui de la maîtrise du temps.

Quand on parle méthode d’organisation, on pense souvent à l’efficacité : planifier, optimiser, cocher. La check list quoi. Mais on peut cocher beaucoup… et passer à côté de l’essentiel.

Selon moi, une journée réussie ressemble plutôt à ceci :

  • j’ai avancé sur ce qui compte (même un peu) ;
  • j’ai été présent là où il fallait être présent ;
  • j’ai respecté mes limites, au lieu de les piétiner ;
  • je termine la journée fatiguée peut-être, mais pas vidée !

La question est simple : “Quel fruit je veux porter aujourd’hui ?”. Pas “qu’est-ce que je peux caser ?”, mais “qu’est-ce que je veux honorer ?”.

On sous-estime souvent le pouvoir des rythmes. J’aime trop la routine. Pas la routine où on est monotone de faire toujours la même chose. Mais la routine comme un rythme qui rend une journée stable sans la rendre rigide. Mon moment de silence le matin, comme une page blanche à remplir (avec les bonnes priorités, vous l’aurez compris). Les moments de partages « naturels » avec mes proches : les trajets (écoles, courses, etc …), les temps de jeux partagés, …

Pas le temps de le faire …

Pour moi, chaque minute compte. Je sais que ça fait un peu rigide comme façon de penser. Mais en vrai,on croit souvent qu’il faut “beaucoup de temps” pour faire quelque chose. Et résultat : on ne commence jamais. On peut changer les choses, en se demandant simplement : “Qu’est-ce que je peux faire avec le temps que j’ai ?”. Par exemple, prendre 5 minutes pour ranger un coin de la maison, ou 15 minute pour marcher après le repas. Même les petits « trous » de l’emploi du temps, peuvent devenir des temps « productifs ».

Des tâches qu’on n’a vraiment vraiment pas envie de faire

Et puis, il y a les tâches qui ne sont pas compliquées… mais qui demandent une énergie mentale disproportionnée parce qu’on n’a pas envie. Et dans ces cas-là, le danger, c’est la négociation intérieure : “J’y vais… j’y vais pas… je le fais après… c’est pas le moment…” Et rien que cette négociation, ça épuise encore plus que la tâche elle-même !

Ma technique un peu farfelue est celle du “1, 2, 3” :

  • J’arrête de réfléchir et de négocier avec mon cerveau
  • Je compte jusqu’à 3
  • Et direct, je fais la tâche.

C’est rigolo, ça me fait penser aux parents qui comptent jusqu’à 3 pour que leur enfant obéisse ! Mais là, c’est de l’auto-discipline, la seule façon que j’ai trouvée (sans être dure avec moi-même) pour me bouger quand j’ai pas envie.

Des habitudes difficiles à prendre

Dernier point, les « bonnes » habitudes qu’on n’arrive pas à prendre. On a beau être motivé, ça tient pas. La solution que j’applique c’est d’accrocher une habitude nouvelle à une habitude déjà installée. Par exemple : faire quelques squats pendant le brossage de dents ou nettoyer la salle de bain après un shampoing. Ce n’est pas “petit”. C’est cumulatif. Et surtout : c’est durable.

Ella N. Andria

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