Richard Smallwood nous a récemment quittés, mais son influence continue de résonner comme une note qui ne s’éteint jamais. Pianiste virtuose, compositeur d’une sensibilité rare, il a toujours défendu une vision profonde : la musique n’est pas seulement un art, mais un ministère capable de toucher l’âme, l’esprit et même l’intelligence des musiciens.
Son enseignement repose sur deux convictions essentielles, qui résonnent particulièrement pour les chrétiens engagés dans la louange.
🎵 1. La musique prépare les cœurs et ouvre la voie à la Parole
Pour Smallwood, la musique n’est pas un simple prélude au culte. Elle est un instrument spirituel qui prépare le terrain pour l’action de Dieu.
Il rappelle souvent que :
- la musique porte un message,
- elle crée une atmosphère où la présence de Dieu devient tangible,
- elle ouvre l’esprit et le cœur pour recevoir la Parole.
Cette vision rejoint profondément l’enseignement biblique. Dans l’Ancien Testament, lorsque le prophète Élisée cherche à entendre la voix de Dieu, il demande un musicien. Et c’est à travers la musique que l’Esprit du Seigneur vient sur lui :
« Pendant que le musicien jouait, la main de l’Éternel fut sur Élisée. »
(2 Rois 3:15)
La musique devient alors un canal, un espace où Dieu parle, guérit, console et prépare les cœurs.
Le psalmiste lui-même reconnaît ce pouvoir spirituel :
« Dieu siège au milieu des louanges de son peuple. »
(Psaume 22:3)
Pour Smallwood, la musique gospel n’était donc pas un « divertissement » : c’est une porte d’entrée vers la présence de Dieu.
🎹 2. La manière de jouer touche aussi l’intelligence et la sensibilité des musiciens
La musique touche les gens différemment. Smallwood le disait souvent :
- Les croyants sont touchés par l’onction, le message, la Parole.
- Les musiciens, eux, peuvent être bouleversés par la beauté, la complexité, l’harmonie, la technique.
Même des artistes non croyants peuvent être profondément émus par une composition gospel, simplement parce que la musique elle-même porte une force émotionnelle et artistique.
Cette idée rejoint la sagesse biblique : Dieu est un Dieu d’excellence, et ce que nous faisons pour Lui mérite soin et beauté.
« Tout ce que vous faites, faites-le de tout votre cœur, comme pour le Seigneur. »
(Colossiens 3:23)
La qualité musicale devient alors une forme d’adoration. Une manière d’honorer Dieu par l’excellence. Une façon d’attirer ceux qui ne seraient pas touchés par un message verbal.
David lui-même, musicien avant d’être roi, savait que la beauté musicale pouvait apaiser et toucher profondément :
« David prenait la harpe et jouait… Saül était soulagé et se trouvait mieux. »
(1 Samuel 16:23)
La musique touche l’âme, mais elle touche aussi l’intelligence, la sensibilité artistique, la curiosité musicale.
La pensée de Smallwood pourrait se résumer ainsi :
- La musique touche l’esprit et l’âme : elle prépare les cœurs, porte un message, ouvre la voie à la Parole.
- La manière de jouer touche l’intelligence et la sensibilité : elle révèle la beauté de Dieu, attire même ceux qui ne croient pas encore, et témoigne de l’excellence du Créateur.
Les deux dimensions — spirituelle et artistique — ne s’opposent pas. Elles se complètent. Elles deviennent deux portes d’entrée vers quelque chose de plus grand : la rencontre avec Dieu.








