Cadrer pour terminer, choisir pour avancer

Entre le moment où une idée naît et celui où elle se transforme en quelque chose de concret, il y a parfois un espace… flou. On sent qu’on devrait avancer, mais on repousse, on peaufine, on se disperse, ou l’on se met à travailler “un peu partout” sans vraiment terminer.

Dans ce contexte, deux principes simples (et très connus) m’ont fait changer ma perspective sur ma façon de travailler : la loi de Parkinson et la loi de Pareto (80/20). L’intérêt n’est pas de devenir une personne “ultra-productive”, mais de remettre de la clarté, de la liberté et de la paix dans la façon de créer et d’organiser ses projets.

La loi de Parkinson : quand le travail s’étale… parce qu’il le peut

La loi de Parkinson dit ceci : le travail s’étale de façon à occuper tout le temps disponible pour son accomplissement. En pratique, cela signifie que si je me donne deux semaines pour écrire un script, il y a de grandes chances que cela me prenne… deux semaines. Non pas parce que le travail exige vraiment tout ce temps, mais parce que le cadre est assez large pour laisser le perfectionnisme et les détours s’installer.

Pourquoi c’est particulièrement vrai pour les projets créatifs

La créativité sans limite, on en a déjà parlé, mais il y a d’autres choses qui en découlent :

  • on accumule des versions,
  • on revoit le plan “juste une fois de plus”,
  • on attend “le bon moment”,
  • on garde le projet ouvert (mentalement) pendant des jours.

Résultat : on avance, mais on s’épuise. Et surtout, on tarde à offrir ce qu’on a à offrir !

L’idée n’est pas de se mettre sous pression, mais de se donner un cadre qui protège l’essentiel. Par exemple :

  • Fixer une limite claire : “J’écris l’introduction en 25 minutes.”
  • Découper en micro-livrables : intro, 3 points, conclusion, appel à l’action.
  • Définir le ‘fini’ : “C’est fini quand c’est clair, enregistré, exporté, programmé.”

Ce dernier point change tout : tant qu’on n’a pas défini ce qui est “terminé”, on a tendance à rester dans une boucle d’amélioration infinie.

La loi de Pareto (80/20) : tout effort n’a pas la même valeur

La loi de Pareto se résume souvent ainsi : environ 80 % des résultats viennent de 20 % des efforts. Evidemment, ce n’est pas une règle mathématique stricte. Mais c’est une invitation à se poser une question très pratique : qu’est-ce qui, ici, produit le plus d’impact ?

Pour un épisode, un article, une vidéo, une formation… il y a presque toujours quelques éléments qui font l’essentiel de la qualité perçue : un titre qui dit vraiment ce que c’est, un angle clair, une structure simple … À l’inverse, certaines tâches sont rassurantes (parce qu’on a l’impression de travailler), mais apportent peu comme multiplier les canaux sans stratégie ou peaufiner des éléments invisibles pour l’audience !

Avec l’IA, c’est encore plus simple de se compliquer la vie. Au lieu d’aller à l’essentiel, on a tout un tas d’informations à digérer. Alors, plus que jamais, on doit choisir volontairement où mettre le meilleur de notre temps : qu’est-ce que je veux faire exactement ? Quelle action rendrait le résultat bien meilleur ? Qu’est-ce que je peux simplifier sans perdre l’essentiel ? Quand on assume ce tri, on gagne en énergie… et en constance.

Le lien entre Parkinson et Pareto : cadrer pour terminer, choisir pour avancer

Ces deux lois se répondent très bien :

  • Parkinson m’aide à éviter que le projet prenne toute la place (temps, attention, charge mentale).
  • Pareto m’aide à éviter de mettre beaucoup d’effort au mauvais endroit.

Ensemble, elles me rappellent aussi qu’une structure n’est pas une cage, mais un cadre qui me rend plus disponible pour l’essentiel : le message, l’émotion, et le fruit du travail.

Ella N. Andria

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